Des réponses courtes aux questions que nous posent les acheteurs d'un appartement, d'une maison ou d'un terrain en Tunisie, qu'ils vivent à Tunis ou à l'étranger. Cliquez sur une question pour lire la réponse. Un achat immobilier engage souvent l'épargne d'une vie : les vérifications se font avant de signer, pas après.
Un bien immatriculé possède un titre foncier, tenu par la Conservation de la propriété foncière, sur lequel sont inscrits le propriétaire, les hypothèques et les charges. C'est le cas le plus sûr : selon l'article 305 du Code des droits réels, tout droit réel ne se constitue que par son inscription sur le livre foncier, et le titre ne peut être remis en cause par une simple possession. Un bien non immatriculé se transmet par une chaîne d'actes successifs, souvent anciens, dont il faut vérifier chaque maillon : le risque de contestation par un tiers y est bien plus élevé.
Pour un bien immatriculé : un certificat de propriété récent délivré par la Conservation foncière, qui indique le propriétaire réel et les hypothèques, saisies ou oppositions inscrites, ainsi que le plan du titre. Pour un bien bâti : le permis de bâtir et, s'il existe, le certificat de conformité ou le permis d'occupation. Pour un appartement : le règlement de copropriété et l'état des charges. Enfin, une pièce d'identité du vendeur et, s'il est marié ou s'il s'agit d'un bien hérité, les justificatifs permettant de savoir qui doit signer.
C'est fréquent et cela doit être réglé avant la vente. Un titre gelé ne reflète plus la situation réelle du bien : propriétaires décédés, ventes non inscrites, partages non transcrits. Sa mise à jour relève du Tribunal immobilier, selon la procédure prévue par la loi du 10 avril 2001. Tant que le titre n'est pas mis à jour au nom du vendeur, votre propre achat ne pourra pas y être inscrit : vous auriez payé sans devenir propriétaire aux yeux de la loi.
Oui, à condition de le savoir et de l'organiser. L'hypothèque apparaît sur le certificat de propriété. Le prix sert alors, en tout ou partie, à rembourser la banque, qui délivre une mainlevée permettant de radier l'inscription. L'acte doit prévoir précisément ce mécanisme. Acheter sans traiter l'hypothèque, c'est acheter un bien que le créancier pourra faire saisir et vendre.
Que le terrain est constructible et dans quelle limite : demandez un certificat d'urbanisme à la commune et vérifiez que le lotissement est approuvé. Un terrain agricole ne peut pas recevoir une habitation sans changement de vocation, qui n'est jamais acquis d'avance. Vérifiez aussi les limites sur le plan du titre, les servitudes de passage et l'accès aux réseaux. Un terrain bon marché est souvent un terrain inconstructible.
Ce n'est pas obligatoire. Si vous y recourez, vérifiez que l'agence est agréée : la profession est réglementée par la loi du 23 juin 1981. Les honoraires ne sont pas fixés par la loi mais par le contrat : faites-les préciser par écrit avant toute visite, avec le moment où ils sont dus. L'agence trouve le bien, elle ne remplace pas la vérification juridique de la propriété.
Oui. Une promesse signée par les deux parties, avec le bien et le prix déterminés, est un contrat : chacun peut en exiger l'exécution devant le tribunal. Ne la signez donc qu'après avoir vérifié le titre, et faites-y figurer les conditions qui vous protègent : obtention du crédit, mise à jour du titre, autorisation du gouverneur pour un étranger, date limite de signature de l'acte définitif.
Tout dépend de ce que dit la promesse. Selon le Code des obligations et des contrats, les arrhes s'imputent sur le prix si la vente se fait et sont restituées si les parties annulent d'un commun accord. Si la vente échoue par la faute de celui qui les a versées, l'autre peut les conserver. Une clause bien rédigée précise aussi ce qui se passe si c'est le vendeur qui se dérobe : c'est là que se jouent la plupart des litiges.
Pour un immeuble immatriculé, la loi réserve la rédaction des actes soumis à inscription aux rédacteurs de la Conservation foncière, aux notaires et aux avocats. L'article 377 bis du Code des droits réels frappe de nullité absolue tout acte rédigé par une autre personne. Le rédacteur atteste avoir consulté le titre et informé les parties de la situation juridique du bien, et il est responsable du dépôt de l'acte.
Pour un bien immatriculé, au jour de l'inscription de la vente sur le titre foncier, après enregistrement de l'acte à la recette des finances et dépôt à la Conservation foncière. Entre la signature et cette inscription, vous n'êtes titulaire que d'un droit contre le vendeur. Il faut donc déposer l'acte sans délai, et éviter de verser la totalité du prix avant d'avoir la certitude que l'inscription pourra se faire.
Depuis le 1er janvier 2026, la loi de finances a abrogé la règle qui interdisait d'enregistrer un acte de vente dont le prix avait été payé en espèces au-delà de 5 000 dinars. Un dossier ne peut plus être refusé pour ce seul motif. Nous déconseillons néanmoins vivement le paiement en espèces : un virement ou un chèque certifié constitue la preuve du paiement, et le prix déclaré dans l'acte doit correspondre à la réalité.
Tous les propriétaires. Pour un bien hérité, il faut d'abord établir la liste des héritiers et faire inscrire la succession sur le titre ; chaque héritier, ou son mandataire muni d'une procuration spéciale, doit signer. Si un indivisaire vend seulement sa part à un tiers, les autres copropriétaires disposent d'un droit de préemption, la chefaa, prévu par le Code des droits réels : ils peuvent reprendre la part vendue en remboursant le prix. Un achat de part indivise se prépare donc avec précaution.
Pour un achat auprès d'un particulier : le droit d'enregistrement de 5 % du prix et le droit de conservation de la propriété foncière de 1 %, soit environ 6 %. Un droit supplémentaire de 3 % est dû si l'acte ne justifie pas que la mutation précédente a été enregistrée. Pour un logement acheté à un promoteur immobilier, le droit d'enregistrement est réduit à 3 %, plus 1 % de conservation foncière. S'y ajoutent les honoraires du rédacteur de l'acte et, le cas échéant, ceux de l'agence.
Dans les soixante jours de sa date, à la recette des finances du lieu de situation du bien. Passé ce délai, des pénalités de retard s'ajoutent aux droits. L'enregistrement est aussi le préalable au dépôt de l'acte à la Conservation foncière : tarder, c'est retarder votre propre inscription comme propriétaire.
Oui, lorsque le vendeur est un promoteur immobilier. Depuis la loi de finances 2025, le taux est de 7 % pour un logement dont le prix ne dépasse pas 400 000 dinars. Au-delà, le taux réduit de 13 % a pris fin le 31 décembre 2025 et le taux de 19 % s'applique depuis le 1er janvier 2026. Vérifiez si le prix annoncé s'entend hors taxe ou toutes taxes comprises : la différence est considérable. Les ventes entre particuliers ne supportent pas de TVA.
La taxe sur les immeubles bâtis, perçue par la commune, pour une maison ou un appartement, et la taxe sur les terrains non bâtis pour un terrain. En copropriété s'ajoutent les charges du syndicat des propriétaires. Demandez au vendeur les quittances des dernières années : les arriérés se retrouvent souvent sur la table au moment de la vente.
Oui, pour un particulier : la plus-value immobilière est imposée à 15 % si la revente intervient dans les cinq ans de l'achat, et à 10 % au-delà. Le prix d'achat est majoré de 10 % par année de détention avant calcul, et la déclaration doit être déposée dans les trois mois de la vente. La première cession d'un logement d'habitation est exonérée sous conditions de surface et de prix. Conservez donc l'acte et tous les justificatifs de travaux.
La loi du 26 février 1990 sur la promotion immobilière impose des mentions précises : la description du bien, l'origine de propriété du terrain et le numéro du titre foncier, le prix et ses modalités de paiement, le délai de livraison, la formule de révision du prix, les pénalités de retard et la garantie de bonne exécution. Une promesse qui omet l'un de ces points doit vous alerter.
Non. La loi interdit au promoteur de recevoir un versement avant la signature de la promesse de vente. Après signature, des avances peuvent être versées selon l'échéancier convenu. Ne payez jamais sur la base d'une simple réservation verbale ou d'un reçu sans promesse signée.
Le transfert de propriété a lieu au parfait paiement du prix définitif, et le contrat de vente définitif doit être établi dans le mois qui suit. Il est ensuite enregistré et inscrit sur le titre foncier, comme toute vente. Jusque-là, vous êtes créancier du promoteur : d'où l'importance de sa solidité et des garanties prévues au contrat.
Les pénalités de retard prévues dans la promesse s'appliquent de plein droit à compter du délai de livraison convenu. Adressez une mise en demeure par huissier de justice pour faire courir vos droits, puis, si le retard persiste, demandez au tribunal les pénalités et, le cas échéant, la résolution de la vente avec restitution des sommes versées.
Un logement conforme à la description contractuelle, avec les documents attestant que la construction est achevée et conforme : permis de bâtir, certificat de conformité ou permis d'occupation, procès-verbal de réception. Faites un état des lieux contradictoire et consignez les réserves par écrit avant de signer la réception.
Le promoteur, l'entrepreneur et l'architecte sont responsables pendant dix ans des désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage, selon le Code des obligations et des contrats. Pour les défauts moins graves, la garantie prévue au contrat et les règles des vices cachés s'appliquent. Faites constater les désordres par huissier ou expert dès leur apparition.
Oui, mais avec une autorisation préalable du gouverneur du lieu de situation du bien, sans laquelle la vente est frappée de nullité absolue. Depuis la loi du 11 mai 2005, cette autorisation n'est plus exigée pour les terrains et locaux situés dans les zones industrielles et pour les terrains des zones touristiques. Les terres agricoles restent interdites aux étrangers. Un décret-loi d'octobre 2022 a prévu une dispense pour les investisseurs étrangers achetant un logement au-dessus d'un certain prix, mais elle reste subordonnée à des textes d'application.
Le dossier comprend notamment la promesse de vente, un certificat de propriété et le plan du titre, une attestation sur la nature du bien et les pièces d'identité de l'acheteur. Il est déposé au gouvernorat, qui consulte plusieurs administrations : comptez plusieurs mois, parfois plus. La promesse de vente doit donc prévoir une condition suspensive d'obtention de l'autorisation et un délai suffisant.
Ils bénéficient de conventions bilatérales qui les rapprochent des Tunisiens pour l'acquisition de biens non agricoles, sous conditions tenant notamment à la valeur du bien et au mode de paiement. Le régime évolue au gré des notes administratives : faites vérifier votre situation précise avant de signer.
Un non-résident doit financer son achat par une importation de devises, matérialisée par une fiche d'investissement établie sur la plateforme de la Banque centrale de Tunisie. Pour un étranger, l'acquisition hors zone industrielle ou touristique requiert en outre l'autorisation préalable de la Banque centrale. C'est cette fiche d'investissement qui vous garantit, lors de la revente, le transfert à l'étranger du produit de la vente. Sans elle, le rapatriement devient très difficile.
Vous n'avez pas besoin de l'autorisation du gouverneur. Si vous êtes non-résident au sens de la réglementation des changes depuis au moins deux ans et que vous payez l'intégralité du prix en devises, l'achat d'un logement ou d'un local à usage économique est enregistré au droit fixe au lieu du droit de 5 % : seul le droit de conservation foncière de 1 % reste dû. La loi de finances 2026 a simplifié les justificatifs de résidence à l'étranger acceptés. Établissez la fiche d'investissement en devises pour conserver la possibilité de retransférer le prix.
Oui, par procuration. Elle doit être spéciale, désigner le bien, le prix et les pouvoirs donnés, et être établie ou légalisée auprès du consulat de Tunisie de votre pays de résidence. Votre avocat peut suivre l'ensemble de l'opération : vérification du titre, rédaction des actes, enregistrement et inscription, sans que vous ayez à vous déplacer.
La banque prête contre une hypothèque inscrite sur le titre foncier du bien acheté. Elle exigera un certificat de propriété récent, la promesse de vente et des justificatifs de revenus. Un bien non immatriculé est très difficile à financer par crédit, faute de titre sur lequel inscrire la garantie. Faites figurer l'obtention du prêt comme condition suspensive dans la promesse de vente.
Adressez-lui une mise en demeure par huissier de justice, puis saisissez le tribunal pour faire constater la vente et obtenir un jugement en tenant lieu, qui pourra être inscrit sur le titre foncier, ou pour obtenir la résolution de la promesse avec restitution des sommes versées et des dommages-intérêts. L'issue dépend largement de la rédaction de la promesse.
Oui. Le vendeur doit garantie des vices cachés qui rendent le bien impropre à son usage ou en diminuent notablement la valeur, et il répond de la contenance promise dans l'acte. Selon le cas, vous pouvez demander une réduction du prix ou l'annulation de la vente. Agissez vite, car les délais pour agir sont courts, et faites constater le défaut par un expert.
Si votre achat est inscrit sur le titre foncier, votre droit est opposable à tous et aucune possession ne peut vous être opposée. Vous pouvez agir en expulsion devant le tribunal, après sommation. Si l'occupant se prévaut d'un bail, il faudra examiner sa validité et sa date. Mieux vaut, avant l'achat, s'assurer que le bien est libre de toute occupation et le mentionner dans l'acte.
Il vérifie le titre et l'origine de propriété, contrôle l'absence d'hypothèques et d'oppositions, rédige ou relit la promesse et l'acte de vente, suit l'enregistrement et l'inscription à la Conservation foncière, et accompagne les démarches propres aux étrangers et aux non-résidents. Les honoraires sont convenus par écrit avant toute intervention, en fonction de la complexité du dossier et de la valeur du bien.
Ces réponses sont données à titre d'information générale, sur la base des textes en vigueur à la date de rédaction, et ne remplacent pas une consultation sur votre situation. Les taux et seuils fiscaux sont modifiés presque chaque année par la loi de finances.
Achat et vente, litiges de propriété, baux, immatriculation foncière : comment nous intervenons.
Droit foncierTitre foncier, hypothèques, origine de propriété, biens non immatriculés : les contrôles à effectuer avant de verser le moindre dinar. La plupart des litiges immobiliers naissent d'une vérification omise.
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