Des réponses courtes aux questions que les familles nous posent le plus après un décès. Cliquez sur une question pour lire la réponse. Chaque succession est différente : prenez rendez-vous pour parler de la vôtre.
Les héritiers sont désignés par la loi, dans le livre IX du Code du statut personnel : le conjoint, les enfants et petits-enfants, les parents et grands-parents, puis les frères et sœurs et leurs descendants, les oncles et cousins paternels. Les plus proches excluent les plus éloignés. La loi fixe la part de chacun, on n'en choisit pas librement les bénéficiaires.
Oui, mais dans deux limites. On ne peut pas léguer à un héritier, et on ne peut pas léguer plus du tiers de ses biens. Un legs qui dépasse ces limites n'est exécuté que si les héritiers l'acceptent après le décès. Le testament se fait par acte authentique ou par écrit daté et signé de la main du testateur, et reste révocable.
Non. La part des héritiers est d'ordre public. Le seul cas d'exclusion prévu par la loi est l'homicide volontaire : celui qui a tué le défunt, comme auteur ou complice, n'hérite pas de lui.
Oui. La donation (hiba) faite de son vivant, par acte notarié, est valable même au profit d'un héritier, et elle n'est pas rapportée à la succession. Elle peut toutefois être contestée si elle a été consentie pendant la dernière maladie du donateur, ou si elle n'a pas été réellement exécutée.
Oui. La différence de religion ne figure pas parmi les empêchements du Code du statut personnel, et la Cour de cassation l'a confirmé en 2009 puis en 2011. En pratique, certains certificats d'hérédité omettent encore la veuve non musulmane : il faut alors les faire rectifier. La nationalité, elle, n'a aucune incidence sur la vocation à hériter.
L'enfant adopté a les mêmes droits que l'enfant légitime, héritage compris. Pour l'enfant né hors mariage dont la paternité a été établie en justice, la loi lui garantit le nom et la pension alimentaire, mais les tribunaux ne lui reconnaissent pas systématiquement une part d'héritage : la question doit être étudiée au cas par cas.
La veuve reçoit un huitième s'il y a des enfants (du défunt, de quelque lit que ce soit), un quart s'il n'y en a pas. Le veuf reçoit un quart s'il y a des enfants, la moitié sinon. Le reste revient aux autres héritiers.
Après les parts fixes (conjoint, parents), le reste revient aux enfants : un fils reçoit le double d'une fille. Les enfants excluent les frères, sœurs et oncles du défunt.
Non. Depuis 1959, l'article 143 bis du Code du statut personnel attribue le reliquat de la succession à la fille ou aux filles, même en présence de frères ou d'oncles du défunt. Après les parts du conjoint et des parents, tout le reste leur revient.
Chacun des père et mère reçoit un sixième lorsque le défunt laisse des enfants. Sans enfants, le père recueille ce qui reste après les parts fixes, et la mère reçoit un tiers, ou un sixième s'il y a plusieurs frères et sœurs.
Oui, par le legs obligatoire (الوصية الواجبة). Les enfants d'un fils ou d'une fille décédés avant leur parent reçoivent ce que celui-ci aurait hérité, dans la limite du tiers de la succession, sauf si le grand-père leur a déjà donné l'équivalent de son vivant.
Ce sont alors les frères et sœurs et leurs enfants, puis les oncles et cousins paternels, qui recueillent le reste après la part du conjoint. À défaut de tout héritier, la succession revient à l'État. Ces cas sont techniques : faites établir la dévolution par un professionnel avant tout partage.
Le conjoint survivant reprend d'abord sa moitié des biens communs, qui ne font pas partie de la succession. Seule la moitié du défunt, plus ses biens propres, est partagée entre les héritiers, conjoint compris.
Obtenir l'acte de décès à la municipalité, puis demander au juge cantonal le certificat de décès et d'hérédité (حجة الوفاة). Il est établi sur déclaration d'un héritier accompagné de deux témoins et fixe la liste des héritiers. C'est la pièce de base pour tout le reste : banque, recette des finances, conservation foncière.
L'acte de décès, les extraits de naissance des héritiers, l'acte de mariage du conjoint survivant, les titres des immeubles, et les actes de décès des enfants prédécédés le cas échéant. Le notaire (عدل إشهاد) établit ensuite la فريضة, l'acte qui calcule la part de chacun.
Oui. Les héritiers déposent une déclaration de succession à la recette des finances du domicile du défunt, dans un délai d'un an à compter du décès. Passé ce délai, des pénalités de retard s'ajoutent aux droits.
La banque gèle le compte dès qu'elle a connaissance du décès. Elle libère les fonds aux héritiers sur présentation du certificat d'hérédité, de la فريضة et de la quittance des droits de succession. Une procuration permet à un seul héritier d'accomplir ces démarches pour les autres.
Pour un immeuble immatriculé, les héritiers demandent à la Conservation de la propriété foncière l'inscription de la succession sur le titre, avec le certificat d'hérédité, la فريضة et la déclaration de succession enregistrée. Pour un bien non immatriculé, l'avocat vérifie d'abord la chaîne des titres.
Sans conflit et avec des papiers en ordre, quelques mois suffisent pour le certificat d'hérédité, la déclaration fiscale et le transfert des biens. Un partage judiciaire d'immeubles prend en revanche un à trois ans, davantage s'il y a une expertise et une vente aux enchères.
Ils dépendent du lien de parenté : 2,5 % entre ascendants, descendants et époux, 5 % entre frères et sœurs, 25 % entre oncles, tantes, neveux et nièces, 35 % au-delà. Ils sont calculés sur la valeur des biens au jour du décès, après déduction des dettes et des frais funéraires.
Oui, sous conditions. L'habitation principale du défunt est exonérée des droits de succession lorsqu'elle est transmise aux enfants, aux parents ou au conjoint, et que sa superficie ne dépasse pas 1 000 m², dépendances comprises. Une attestation d'habitation principale, délivrée par la commune ou le gouvernorat, doit être jointe à la déclaration.
Les dettes sont payées sur les biens de la succession, avant les legs et avant tout partage. Les héritiers ne sont pas tenus de les payer sur leurs biens personnels : si le passif dépasse l'actif, ils ne reçoivent rien, mais ne doivent rien non plus.
Oui, par un acte de cession ou de renonciation (تخلٍّ) établi devant notaire. La renonciation d'un parent au profit de ses enfants est exonérée de droits d'enregistrement. Ne signez jamais un tel acte sans avoir compris ce à quoi vous renoncez.
Ils dépendent de la mission : simple accompagnement des démarches, négociation d'un partage amiable, ou procès en partage avec expertise. Un coût clair vous est annoncé dès le premier rendez-vous, avant tout engagement.
À l'amiable quand tout le monde est d'accord : un acte de partage notarié attribue à chacun ses biens, puis il est enregistré et inscrit à la conservation foncière. Sinon, n'importe quel héritier peut saisir le tribunal de première instance d'une action en partage.
Nul n'est tenu de rester dans l'indivision. Le tribunal désigne un expert pour proposer un partage en nature ; si le bien ne peut pas être divisé, il ordonne la vente aux enchères (licitation) et le partage du prix. Le refus d'un héritier ne bloque pas la procédure.
Non. L'occupation par l'un des héritiers ne lui donne pas la propriété, et l'action en partage ne se prescrit pas. Les autres peuvent demander le partage à tout moment, et lui réclamer sa part des loyers ou des revenus qu'il a perçus seul.
On demande la rectification au juge cantonal qui a établi le certificat. Si l'omission est grave ou volontaire, l'annulation du certificat et des actes qui en ont découlé se demande au tribunal de première instance.
Oui, si l'acte cache en réalité une libéralité déguisée, a été fait pendant la dernière maladie, ou n'a jamais été réellement exécuté. L'héritier lésé peut en demander la réintégration dans la succession. Ces dossiers reposent sur la preuve : réunissez les actes et témoignages avant d'agir.
Pas nécessairement. Une procuration légalisée au consulat de Tunisie permet à votre avocat de faire toutes les démarches : certificat d'hérédité, déclaration fiscale, banque, conservation foncière, et même de vous représenter dans un partage judiciaire.
Oui. La transmission par succession est dispensée de l'autorisation du gouverneur exigée pour les achats par des étrangers, y compris pour les terres agricoles. L'héritier étranger peut ensuite conserver le bien ou le revendre.
Le Code de droit international privé retient en principe la loi nationale du défunt. Mais les immeubles situés en Tunisie obéissent aux règles tunisiennes de transfert et de fiscalité, et les décisions rendues à l'étranger doivent recevoir l'exequatur pour y être exécutées.
Deux successions se règlent en parallèle : les biens tunisiens selon le droit tunisien, les biens étrangers selon la loi et la fiscalité du pays où ils se trouvent. Le certificat d'hérédité tunisien y est généralement demandé, traduit et légalisé. Nous coordonnons ces démarches avec un notaire sur place.
Ces réponses sont données à titre d'information générale, sur la base des textes en vigueur, et ne remplacent pas une consultation sur votre situation.
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